La rencontre en ligne à l’aube d’une révolution ?

La récente acquisition de Match Europe par Meetic préfigure de profonds changements dans la rencontre en ligne.
Au-delà d’une opération financière entre deux ennemis de longue date, elle révèle le point faible des leaders actuels du secteur, dont la croissance stagnante demeure trop dépendante d’investissements marketing colossaux.

A l’heure de facebook, et de la rencontre gratuite, comment les acteurs payants de la rencontre en ligne peuvent-ils faire évoluer leur offre ?

Plus encore que pour d’autres secteurs, le nerf de la guerre dans la rencontre en ligne est le marketing – avant même de construire sa marque, il s’agit d’assurer le recrutement toujours plus soutenu de membres gratuits.
3 à 7% seulement deviendront abonnés payants : en Europe, Match.com en compte 270.000, Meetic environ 700.000… sur des bases de plusieurs dizaines de millions d’inscrits. A cela s’ajoutent des taux de désabonnement (le fameux « churn ») record : les clients fidèles sont rares, un utilisateur essayant en moyenne 3,5 sites.

Comment réduire ses dépenses marketing ?

Or en 2008 les deux leaders ont « surinvesti » en marketing : en d’autres termes leurs investissements publicitaires n’ont pas été suffisamment profitables.
C’est ce qui explique les mauvais résultats 2008 de Meetic (perte de 6,3 M€), des pertes couplées à une croissance qui s’essouffle : 133M€ (+18%, surtout grâce au rachat de datingdirect.co.uk et de neu.de) pour Meetic, 360M$ (-3%) pour Match.
La course au leadership revient cher, trop cher : les deux leaders ne parviennent pas à dépenser moins de 50% de leur CA en pub, et au final la marge n’est constituée que par les renouvellements d’abonnement.

Ceci ajouté à une conjoncture économique difficile (surtout pour Match aux US) a rendu les deux acteurs plus volontaires pour trouver un deal « win-win ».

Au final, n’est-ce pas Match qui a fait la meilleure affaire?
Certains bloggers ou journalistes français ont écrit qu’il était bon de voir une entreprise du web français racheter un américain (“pour la première fois”).
Mais n’oublions pas que Match cède une activité sur laquelle il n’avait aucune chance de devenir leader, qui était probablement déficitaire, et prend au passage 27% des parts de son challenger.
Cela présage plus d’une prise de contrôle future par l’américain, qui reste près de 3 fois plus gros que le français et appartient à un groupe majeur (IAC).

La dépendance trop prononcée vis-à-vis de l’investissement marketing dont témoignent Match et Meetic est généralisée à l’ensemble de l’offre payante, et va précipiter les rapprochements au cours des années à venir…
Cela présage d’une évolution de l’offre payante, qui peine à justifier ses tarifs face aux sites gratuits, communautaires ou pas.

La rencontre : Gratuit ou payant ?

C’est la question-clé.
Pour reprendre les fondamentaux de façon schématique, un seul type de business model fonctionne vraiment : rendre un service qui répond à un besoin identifié (il est rare de créer de nouveaux besoins) et le faire payer, ou faire en sorte que la publicité attachée au service ait suffisamment de valeur.
La télé divertit ou informe, c’est un besoin identifié et pérenne – par la captivité de l’attention qu’il induit, son modèle réussit à être rentable grâce à la pub.
De même, Google parvient grâce à la pertinence et l’intérêt des pubs qu’il délivre avec ses résultats à être (très) rentable.
En revanche, un site de rencontre a dans sa version gratuite a peu de chances d’être rentable – le plus gros, Plenty Of Fish aux US, ne dégage « que » 10M$ de CA (face aux 360M$ de Match) et vient de lancer une offre payante. Pourquoi ? simplement parce que quand on cherche à rencontrer quelqu’un, on n’est pas très réceptif à la pub.
Quant à savoir si ces règles simples de captivité de l’audience et de pertinence s’appliquent à facebook, cela reste à démontrer – ses prédécesseurs se sont cassé les dents, car ils n’ont pas répondu pas à un besoin viscéral des internautes comme Google l’a fait avec le search.

Quoiqu’il en soit, tant qu’une alternative gratuite équivalente existera, les internautes la préféreront.

Qui va émerger ?

Match, de son côté, a vu Plenty Of Fish (POF) lui ravir la 1ère place en trafic aux US : Frind, le fondateur de POF, qui gère le site quasiment seul, répète à l’envi que « Match is dying ».
Aveu de faiblesse, Match s’essaye à la rencontre gratuite et espère limiter l’expansion de POF en lançant, avec un succès mitigé, Downtoearth.com. Problème, les utilisateurs vont jusqu’à dire que l’offre gratuite de Match est meilleure que l’offre payante…

Le Matchmaking (rencontre par affinités avec un algorithme de compatibilité) est encore plus cher que le dating (Match, Meetic) mais a en réalité une position plus confortable : elle ne touche pas la même cible, mais des plus de 30 ans qui recherchent le meilleur service pour trouver l’âme sœur – là ou facebook n’est pas pertinent.
Ce n’est pas un hasard si le leader de la rencontre aux US en CA (250M$) est un site sur le même modèle, eHarmony – et si be2 se positionne selon Nielsen comme le premier site en trafic en France. D’ailleurs Meetic ne s’y est pas trompé, en mettant désormais le plus gros de ses budgets pubs sur son produit concurrent, Meetic Affinity, n°2 (eh oui, devant Meetic) selon Nielsen.

Les utilisateurs, à partir du moment où on les guide, où ils sont dans un univers sécurisé et confidentiel, sont plus disposés à sortir la carte bleue.
On en revient à la fameuse « value proposition » pour l’utilisateur…

Au-delà de la guerre gratuit-payant, Meetic-Match, il faut se demander si ce n’est pas un nouvel acteur, qui grâce à l’innovation, finira par mettre tout le monde d’accord.
Les réseaux sociaux, et en premier lieu facebook, sont un vecteur de développement formidable pour la rencontre en ligne.
Un site payant comme zoosk.com l’a bien compris, et a recruté en un an 16 millions de membres grâce à des applications facebook abouties et à une viralité étudiée.
Combien ont-ils dépensé pour y arriver ? des centaines de millions comme Meetic ou Match ?
Rien, ou presque.
N’est-ce pas là le type d’avantage compétitif qui peut bouleverser le secteur ?

Rencontres en ligne : Be2 France, premier contributeur du réseau mondial

Sa maison-mère allemande a levé 15 millions d’euros. Le patron de Be2 France affiche de grandes ambitions face à Meetic ou Match.com.

Jacques Henno 26-11-2008

Ca bouge dans le monde des rencontres en lignes. Be2 vient de ient de lever 15 millions d’euros auprès d’Index Ventures, un fonds de capital-risque européen qui a déjà soutenu quelques stars des nouvelles technologies (Skype, MySQL, Last.fm ou BioXell). Il s’agit du troisième tour de financement pour Be2. Initialement, plusieurs business angels et Banexi Ventures avaient apporté son soutien.

Les fonds levés vont servir à renforcer les marchés-clés de Be2 : la France, l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas… Des campagnes de publicité seront lancées en 2009 pour asseoir la notoriété de la marque.

De quoi ravir Fabrice Le Parc. A 31 ans, ce diplômé HEC dirige depuis avril 2006 les filiales française et belge du site de rencontres “par affinité” d’origine allemande. Personne n’est parfait : il avoue avoir rencontré l’âme sœur sur Internet mais “sur Facebook”. Parallèlement, il est membre de l’Internet Dating Executive Alliance, un groupe accessible via LinkedIn qui rassemble 140 cadres dirigeants de sites de rencontre sur Internet à travers le monde.

La France, premier contributeur de Be2

La création du service de rencontre remonte à 2003 sur une idée de Robert Wuttke. L’ancien patron de Lycos Europe a lancé le projet depuis son domicile situé dans la banlieue de Munich et n’a pas hésité à débaucher plusieurs managers de Friend Scout 24, un des sites leaders sur le marché allemand de la rencontre en ligne.

Robert Wuttke a ouvert le site allemand de Be2 fin 2004. L’Espagne et l’Italie ont suivi en 2005, le reste du monde – dont la France – a été attaqué à partir de 2006. Aujourd’hui, Be2 emploie 220 personnes dans une dizaine de pays. Mais le service a été décliné et traduit pour couvrir 34 marchés dans le monde. Sa base porte sur un total de 12,5 millions d’inscrits.

Et aujourd’hui, la France est le premier pays contributeur de Be2 : l’Hexagone représente 30% du chiffre d’affaires du groupe mais le montant n’est pas communiqué. On n’en saura pas plus car la guerre des chiffres fait rage dans ce secteur hyper-concurrentiel (on recenserait plusieurs centaines de sites de rencontres en ligne rien qu’en France).

Concurrence : parlez-moi d’amour

Côté clients, Fabrice Le Parc avance 3,5 millions d’inscrits en France (ce qui ne signifie pas clients actifs et actuellement payants…). “Cela nous met loin derrière Meetic, reconnaît-il. Mais à égalité ou presque avec Match.com.” La progression d’Easyflirt est à surveiller également mais il est souvent décliné sous forme de marque blanche.

Comme la plupart des sites de “dating”, Be2 est payant : le prix de l’abonnement varie selon qu’il est souscrit pour trois, six ou douze mois. Il est en moyenne de 30 euros par mois. La vraie particularité du site réside dans son mode de fonctionnement.

“Chez nous, les utilisateurs doivent remplir un test de personnalité d’une quinzaine de minutes, détaille Fabrice Le Parc. Les résultats sont examinés par un algorithme qui va sélectionner dans notre base d’inscrits jusqu’à une soixantaine de profils compatibles avec chaque nouvel entrant. Celui-ci est alors libre de les contacter et de leur montrer leur photo…

Résultat, le profil des inscrits est légèrement plus féminin est âgé que sur les autres sites : sur Be2 France, la moyenne d’âge tournerait autour de 35/37 ans et il y aurait 54% de femmes. “Je ne veux viser personne, mais chez certains de nos concurrents, les inscrits sont à la recherche d’une simple aventure, estime Fabrice Le Parc. Chez nous, au contraire, les internautes veulent quelque chose de durable…”

“On veut chercher Meetic, prévient Fabrice Le Parc. Nous avons une carte à jouer : nous situer sur le marché de la rencontre sérieuse. Meetic a essayé de nous imiter avec Meetic Affinity, qui propose également un test d’affinité, mais après avoir dépensé des millions d’euros en marketing, ils arrêtent de mettre autant d’argent. Pour moi, c’est le signe d’un échec…” Même si l’on parle de rencontres en ligne, les relations ne sont pas tendres entre acteurs…

Hello world!

2010 comes with a fresh new blog.

Wonder if I’ll have time updating it.

Let it serve as a journal of my new life as founder of a company. A repository of thoughts I’ll feel useful to share along the way.